Le Parlement met des bâtons dans les roues des enquêteurs dans l'affaire Delmastro
La Chambre refuse les conversations en ligne – dans le même temps, Forza Italia met un terme à l'extension prévue des mesures d'écoute
Rome – Le gouvernement est sous pression dans le cadre du débat sur la politique judiciaire. Une commission de la Chambre des députés a rejeté la demande du parquet de Rome visant à saisir les conversations par chat de l’ancien secrétaire d’État à la Justice, Andrea Delmastro. Les enquêteurs souhaitaient analyser les messages que le responsable politique du parti Fratelli d’Italia avait échangés avec un restaurateur. La décision finale sera désormais prise en séance plénière fin juillet.
Le contexte est celui d’une procédure engagée contre le tenancier, que les enquêteurs considèrent comme un prête-nom présumé d’un clan de la Camorra. Il s’agit de soupçons de transfert fictif de patrimoine et de blanchiment d’argent avec circonstance aggravante liée à la mafia, dans le cadre d’un restaurant romain. Delmastro avait pris une participation dans cet établissement et avait par la suite cédé ses parts en espèces ; il n'est pas lui-même considéré comme mis en cause dans cette affaire. Les enquêteurs jugent néanmoins que ces conversations controversées sont essentielles. L'opposition a reproché à la majorité d'entraver la lumière sur cette affaire et a vivement protesté au Parlement.
Parallèlement, la coalition est divisée sur une deuxième question judiciaire. Le parti Fratelli d’Italia souhaitait étendre l’admissibilité des écoutes téléphoniques à certaines infractions déclencheuses, en s’appuyant sur les propositions des enquêteurs antimafia. Forza Italia a toutefois gelé cet amendement. Le chef du groupe parlementaire du parti au Sénat a déclaré que son parti ne soutiendrait pas cette mesure et a mis en garde contre une forme de surveillance « au filet », qui violerait le principe de proportionnalité.
Delmastro fait partie des plus proches collaborateurs de la Première ministre Giorgia Meloni et avait démissionné de son poste de secrétaire d'État au printemps. Il avait déjà été au cœur d'un litige auparavant : dans le cadre d’une affaire concernant la divulgation d’informations officielles relatives à l’anarchiste incarcéré Alfredo Cospito, une condamnation a été confirmée en deuxième instance, contre laquelle il compte se pourvoir devant la Cour de cassation. Ce double litige, portant sur des conversations en ligne et les règles en matière d’écoutes téléphoniques, montre à quel point la politique judiciaire occupe actuellement les partis au pouvoir.




















