BRENNER - Un moment d'une énorme portée symbolique et technique, profondément sous la crête principale des Alpes : ce jeudi, la dernière paroi rocheuse de la galerie de reconnaissance du tunnel de base du Brenner (BBT) a été percée. Le premier tube souterrain continu entre l'Italie et l'Autriche est ainsi créé - une étape historique pour le projet européen du siècle. Pour célébrer cet événement, les dirigeants politiques italiens et autrichiens, dont la première ministre Giorgia Meloni et le chancelier Christian Stocker, se sont réunis directement au Brenner.
La Première ministre Meloni a parlé d'un projet qui "révolutionnera" le trafic sur l'axe stratégique nord-sud.
Un projet du siècle aux dimensions record
Le tunnel de base du Brenner est un projet de tous les superlatifs. Une fois achevé, comme prévu en 2032, il sera le plus long tunnel ferroviaire du monde, avec une longueur de 64 kilomètres, y compris le raccordement au contournement existant d'Innsbruck. Les coûts énormes, estimés à 10,5 milliards d'euros, sont supportés à 50 % par l'Union européenne, ce qui souligne l'importance stratégique du tunnel pour l'ensemble du continent. L'Italie et l'Autriche se partagent le reste. Le percement aujourd'hui de la galerie de reconnaissance, qui passe environ 12 mètres sous les deux futurs tunnels principaux, est une étape décisive sur la voie de l'achèvement.
Le temps de trajet passe de 80 à 25 minutes seulement
Les avantages de cet investissement colossal seront tangibles pour les voyageurs et l'économie. Grâce au tracé presque plat de la ligne à environ 794 mètres d'altitude, la pénible montée jusqu'au sommet du col de 1.370 mètres est supprimée. Cela permet des vitesses allant jusqu'à 250 km/h pour les trains de voyageurs et 120 km/h pour les trains de marchandises. Le résultat est une augmentation drastique de l'efficacité et un gain de temps massif : le temps de trajet pour traverser les Alpes sera plus que triplé, passant de 80 minutes aujourd'hui à seulement 25 minutes. Cette percée n'est donc pas seulement un succès technique, mais aussi un symbole puissant d'une Europe qui s'unifie et d'un avenir plus moderne, plus rapide et plus durable pour le transport transalpin.




















