Rome – C'est en adoptant une ligne à mi-chemin entre la médiation et l'affirmation de soi que la cheffe du gouvernement italien, Giorgia Meloni, se rend au sommet de l'OTAN à Ankara, qui réunira les 32 États membres mardi et mercredi dans la capitale turque. Au cœur des discussions figureront la guerre en Ukraine, les conséquences des tensions entre les États-Unis et l'Iran, ainsi que la demande américaine d'une augmentation des dépenses de défense des Européens.
Mardi soir, Meloni a tout d’abord participé au dîner officiel organisé par l’hôte, Recep Tayyip Erdoğan, à l’intention des chefs d’État et de gouvernement. Les deux hommes s’étaient concertés au préalable lors d’un entretien téléphonique et ont réaffirmé l’importance des liens transatlantiques ainsi que celle du flanc sud de l’Alliance. La séance de travail proprement dite de l'Alliance aura lieu mercredi.
Les dépenses de défense dominent le sommet de l'OTAN
La question financière reste au cœur des débats. Un an après le sommet de La Haye, lors duquel l’Italie s’était engagée à porter ses dépenses de défense à 5 % du produit intérieur brut d’ici 2035, Rome propose désormais une étape intermédiaire : un engagement global de 2,8 % du PIB pour la défense et la sécurité d’ici 2028. Sur ce montant, un peu plus de 2 % sont consacrés à la défense classique, le reste – environ 15 milliards d’euros – à un nouveau volet de sécurité englobant l’énergie, la cybersécurité et la protection des frontières.
Cette intervention est éclipsée par de nouvelles déclarations en provenance de Washington. Peu avant le sommet, le président américain Donald Trump a publié sur sa plateforme un mème moqueur représentant la Première ministre italienne. Meloni ne veut pas se laisser déstabiliser par cela : elle compte bien jouer le rôle de médiatrice entre un Washington exigeant et une Europe en proie au doute – et voit peut-être même dans ce désaccord avec Trump une occasion de renforcer sa propre image.




















