Les syndicats paralysent tous les sites des Acciaierie d’Italia
Après la décision de justice concernant le centre d'accueil de Tarente, la crainte d'une fermeture grandit
Tarente – À l’issue d’une réunion d’environ trois heures au Palazzo Chigi, siège du gouvernement, les syndicats de la métallurgie ont appelé à une grève de huit heures dans toutes les usines des Acciaierie d’Italia, accompagnée d’assemblées du personnel. Outre l'usine principale de Tarente, sont également concernés les sites de Gênes-Cornigliano, Novi Ligure, Racconigi et le centre logistique de Marghera.
Cette décision fait suite à un arrêt rendu par la Cour d'appel de Milan. Celle-ci exige la fermeture de la « zone à chaud » de Tarente dans un délai de 90 jours si le désamiantage et la réduction des émissions ne sont pas achevés d'ici là. Le délai s'étend donc jusqu'en octobre. Pour le personnel, c'est donc le cœur industriel de l'usine qui est remis en cause : sans hauts fourneaux, il ne resterait plus à Tarente que les activités de transformation.
Les dirigeants syndicaux ont réagi avec inquiétude. Le secrétaire général de la Fiom a évoqué une réunion qui sortait de l'ordinaire : un jugement signifie en effet que tout fermera dans 90 jours ; l'échec de la direction précédente ne doit pas être répercuté sur les salariés. Du côté de l’Uilm, on a fait savoir que le chiffre de 90 suscitait des craintes et que ce délai devait être mis à profit pour élaborer un projet industriel viable. La Fim a mis en garde contre un conflit social sans fin si le secteur de la sidérurgie à chaud venait effectivement à être fermé.
La situation est aggravée par l'enlisement des négociations de vente. La société indienne Jindal Steel International maintient son intérêt et propose de remplacer les hauts fourneaux traditionnels par un four électrique moins polluant. Un groupe d'investisseurs américains se présente comme contre-candidat avec un projet comprenant deux fours électriques et l'utilisation d'hydrogène. Le ministre de l'Économie et des Finances, Giancarlo Giorgetti, a reconnu que ce jugement avait profondément modifié le cadre des négociations.
Les chiffres montrent à quel point le groupe est en difficulté. À Tarente, environ 8 000 personnes travaillent, dont plus de 4 000 sont en chômage partiel ; sur les quatre hauts fourneaux, un seul est encore en activité. Les pertes sont estimées entre 50 et 70 millions d'euros par mois ; plusieurs prêts relais accordés par le gouvernement permettent de maintenir l'activité.
Le gouvernement mise désormais sur un groupe de travail technique au sein du ministère de l'Économie, auquel devraient participer, outre les syndicats, la région des Pouilles, la ville de Tarente et les ministères concernés. D'autres cycles de négociations sont annoncés pour le mois d'août. Le conflit autour de la plus grande aciérie d'Europe, où l'emploi et la protection de la santé s'opposent depuis des années, entre ainsi dans une nouvelle phase. Récemment, un tribunal de Milan avait suspendu la procédure de vente fixé un délai de 90 jours.




















