Le gouvernement de Rome annonce de récents progrès dans la construction du Ponte sullo Stretto, qui doit relier solidement la Sicile à l'Italie continentale. Le ministre des Transports Matteo Salvini a confirmé le lancement des travaux préparatoires pour l'été 2025, tout en mettant l'accent sur une surveillance anti-mafia complète. La combinaison de l'avancée de l'infrastructure et de la prévention pénale attire l'attention dans tout le pays - notamment en raison des retards historiques et du risque d'imbrication criminelle.
Selon Salvini, les premiers travaux de construction devraient commencer cet été, à condition que le comité interministériel "Cipess" donne le feu vert nécessaire avant l'été. Le ministre des Transports a souligné que la quatrième indication de date était une preuve de sérieux et de transparence, et non d'inconscience, et a annoncé que l'objectif était de commencer les travaux préparatoires dès cette "période estivale".
Auparavant, l'autorité environnementale avait donné son feu vert à l'évaluation environnementale du projet, ouvrant ainsi la voie à la consultation de la Cipess. En mars 2023, le Conseil des ministres avait déjà relancé le projet et réactivé le comité des actionnaires Stretto di Messina. Selon cette décision, la construction du pont proprement dite devrait être achevée d'ici 2032.
La stratégie anti-mafia comme élément central
Parallèlement au développement des infrastructures, le mécanisme anti-mafia doit être massivement étendu. Le ministère des Transports prévoit d'introduire des modèles de contrôle "rigides et rigoureux", déjà expérimentés dans le cadre de grands projets d'infrastructure tels que l'Expo, les Jeux olympiques d'hiver et la construction d'un hôpital en Calabre.
L'accent est mis sur :
- L'obligation pour toutes les entreprises de s'enregistrer dans le registre anti-mafia avant de passer des contrats.
- Il n'y a pas d'exception en cas d'urgence pour éviter de contourner les contrôles.
- Le déploiement d'unités anti-mafia spécialisées avec une surveillance continue sur le terrain est également prévu.
Le ministre de l'Intérieur Matteo Piantedosi a ajouté que les conditions de propriété des terrains à exproprier seraient également contrôlées afin d'exclure toute influence mafieuse en amont. La gestion centrale de ces contrôles est assurée par le Viminale, le ministère italien de l'Intérieur (Ministero dell'Interno) et les préfectures, afin de contrôler l'ensemble du processus d'attribution.
Le Ponte sullo Stretto, prévu pour être l'un des plus longs ponts suspendus du monde, serait un monument de 3,6 kilomètres de long, réunissant six voies de circulation, deux lignes ferroviaires et des bandes d'urgence. Selon les plans actuels, le début symbolique des travaux devrait avoir lieu au printemps 2025 et l'achèvement est prévu pour 2032.
La lutte contre l'infiltration de la mafia est un thème central. Déjà dans les années 2000, la direction antimafia avait mis en garde contre l'influence de Cosa Nostra et de la 'Ndrangheta dans les projets de ponts. Les mesures actuelles font donc appel à des modèles éprouvés et pourraient servir de référence pour les futurs grands projets en Italie.
De plus, cet ambitieux projet promet des impulsions économiques : plus de 100.000 emplois directs devraient être créés. Le pont pourrait ainsi contribuer à un renforcement significatif du réseau de transport du sud de l'Italie et favoriser le développement local.
Le début des travaux, annoncé pour l'été 2025, illustre de manière exemplaire l'interaction entre la politique d'infrastructure et l'État de droit en Italie. La décision d'introduire d'importants dispositifs anti-mafia ouvre la voie à un grand projet techniquement exigeant et historiquement important, tout en envoyant un signal clair en matière de transparence et de sécurité. Les critiques et les observateurs suivront si la mise en œuvre répond aux attentes politiques et sociales élevées.



















