INTERNET - Si vous avez scrollé TikTok ou Instagram ces derniers mois, il est difficile de passer à côté d'eux : „Tralalero Tralala“, un requin avec des baskets, ou „Bombardiro Crocodilo“, un croisement entre un crocodile et un avion de chasse. Ces personnages sont les stars d'un nouveau phénomène mondial qui devient viral sous le nom de „rouge cerveau italien“. Cette tendance, apparue au début des années 2025, repose sur un déluge d'images et de vidéos générées par l'IA et mettant en scène des créatures hybrides absurdes.
Les images surréalistes sont accompagnées d'un son tout aussi déroutant : souvent une voix agressive, générée par ordinateur, avec un fort accent italien, qui récite des rimes absurdes ou des noms fantaisistes pseudo-italiens. Le terme „brain red“ (pourriture du cerveau) décrit ici ironiquement des contenus de faible qualité, censés raccourcir la durée d'attention en cas de consommation excessive.
Les stars du théâtre de l'absurde
Le cœur de l'engouement pour „Italian Brainrot“ n'est pas seulement son aspect surréaliste, mais aussi l'univers créé par la communauté. Pour chacune de ces créatures IA, un „lore“ détaillé - une histoire de fond fictive - est créé. Celle-ci est souvent délibérément contradictoire, absurde, et les utilisateurs la tissent en permanence.
Le protagoniste incontesté et le personnage souvent cité comme étant à l'origine de la tendance est „Tralalero Tralala“. Il est généralement représenté comme un requin bizarre à trois pattes, portant des baskets Nike distinctives. Son „lore“ est typique de la tendance : dans les mèmes audio, il est souvent décrit comme un joueur de Fortnite que sa grand-mère appelle à manger en utilisant des termes vulgaires.
En face de lui se trouve souvent le principal antagoniste „Bombardiro Crocodilo“. Cette fusion agressive d'un crocodile et d'un bombardier militaire (souvent un B-17) est associée dans son „Lore“ à des thèmes sombres, parfois délibérément provocateurs et nihilistes.
Le panthéon de cette mythologie absurde est complété par des dizaines d'autres créations dont les noms pseudo-italiens sont aussi évocateurs qu'absurdes. Il s'agit notamment de „Trippi Troppi“ (un homard avec une tête de chat), „Lirilì Larilà“ (un hybride de cactus et d'éléphant), „Chimpanzini Bananini“ ou le personnage „Ballerine Cappuccina“ - une danseuse en tutu dont la tête humaine a été remplacée par une tasse de cappuccino fumante.
Ces personnages ne sont pas des mèmes statiques ; ils ont leur propre vie. La communauté établit des „listes d'animaux“ (classements) pour évaluer leur force présumée et les fait s'affronter dans des „combats d'IA“ animés. L'engouement a depuis longtemps atteint des dimensions commerciales : des T-shirts, des autocollants et même des peluches de ces héros absurdes sont déjà vendus en ligne.
Dada numérique ou pur non-sens ?
Alors qu'à première vue, cette tendance ressemble à une pure folie numérique, de nombreux observateurs l'interprètent comme une forme de dadaïsme moderne. La génération Z et Alpha, confrontée à une réalité de crises et de guerres perçue comme absurde, répondrait par une satire tout aussi absurde et artificiellement créée. Il s'agit d'une célébration consciente de l'absence de sens comme protestation créative contre la submersion de contenus. Le fait que certaines des pistes audio originales transportaient des contenus en partie vulgaires ou blasphématoires passe généralement inaperçu dans le battage médiatique, mais montre la nature chaotique et incontrôlée du phénomène.
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