La ville portuaire de Bari a été le théâtre d'une attaque aussi insensée que brutale, qui pose avec une nouvelle acuité la question de la sécurité dans l'espace public. Tôt lundi matin, un coureur de 62 ans a été victime d'une agression sur la célèbre promenade du bord de mer, le Lungomare. Vers 6h30, l'homme, qui se trouvait avec un groupe, a été délibérément touché au visage par un œuf lancé depuis une voiture en marche.
Le choc a été si violent que le sportif a dû être immédiatement pris en charge médicalement et transporté à l'hôpital. Il a certes pu quitter la clinique quelques heures plus tard, mais le diagnostic est celui d'un œdème rétinien - une blessure à prendre au sérieux.
La violence filmée comme trophée macabre
L'incident est rendu particulièrement perfide par une circonstance qui indique un nouveau niveau d'irrespect et de violence : les auteurs n'étaient pas seuls. Suivant une deuxième voiture, ils étaient apparemment accompagnés d'un complice qui a filmé toute la scène avec son téléphone portable. L'attaque n'était pas un acte spontané, mais une humiliation planifiée qui devait être immortalisée comme trophée pour les réseaux sociaux ou pour son propre cercle de connaissances.
Rino Piepoli, de l'association sportive "Bari Road Runners", dont fait également partie la victime, a immédiatement porté plainte et tire la sonnette d'alarme. "Ce n'est pas un cas isolé", souligne-t-il en se référant à d'autres incidents similaires survenus dans la ville. Il demande non seulement une enquête complète et une punition des responsables, mais aussi des mesures concrètes. Il est urgent d'augmenter les contrôles de police sur la promenade du bord de mer et dans d'autres lieux fréquentés par les sportifs. Piepoli en appelle au courage civil des citoyens : quiconque possède des photos, des vidéos ou des informations doit les mettre à la disposition des autorités. "Nous ne devons pas laisser la peur nous priver du droit de nous déplacer librement en plein air. Nous devons nous unir pour revendiquer la sécurité et le respect", tel est le message clair de l'association. L'affaire est désormais entre les mains de la police.




















